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« I Predatori », une comédie chaotique

Par Corentin Martini & Hugo Benkara

I Predatori, una commedia caotica

I Predatori è una commedia italiana realizzata da Pietro Castellitto, uscita l’11 settembre 2020. Il film, riconosciuto dalla critica italiana e premiato alla Mostra Internazionale d’Arte Cinematografica di Venezia 2020 per la miglior sceneggiatura, ha incassato in Italia, dalla sua uscita, 200.000 euro.

Il film racconta la storia di due famiglie italiane dei nostri giorni, una proletaria e neofascista e l’altra borghese e intellettuale. Le loro vite si intrecciano dopo un incidente stradale. Pierpaolo Pavone, medico, salva Ines, vittima di questo incidente. Il figlio di Ines, Claudio Vismara, contatta Pierpaolo per ringraziarlo. Suo figlio ascolta questa conversazione e capisce che Claudio potrebbe vendergli una bomba artigianale, che potrebbe usare per vendicarsi del suo professore che lo ha abbandonato. Pierpaolo vede in questo uomo un’opportunità per uscire dalle sue difficoltà finanziarie, e accetta. Il cuore del film è la relazione tra queste due famiglie ma le vite dei loro membri sono al centro di storie secondarie. La narrazione del film è tuttavia fatta in modo che la storia principale, tra le storie secondarie, sia a volte difficile da seguire.

Se c’è una certezza riguardo a questo film, è che non può lasciare indifferenti. In effetti, presenta molte caratteristiche che illustrano scelte radicali e che gli conferiscono una personalità e un fascino unici, con, in particolare, una trama scenografica estremamente tagliata e al confine del comprensibile. Il film rientra nella tradizione del comico burlesco, nella quale viene inserita una dimensione drammatica. La regia è molto originale, particolarmente teatrale, e siamo stati affascinati dall’estetica generale. La cinepresa non è mai dove l’aspettiamo ed è molto piacevole lasciarsi sorprendere dai suoi movimenti. La recitazione degli attori è estremamente viva, sempre alla frontiera dell’assurdo e sembra sempre sul punto di esplodere.

Il film tratta, senza nominarle, diverse tematiche della società italiana, a volte in un modo abbastanza destabilizzante. In effetti, la scenografia mostra chiaramente che la famiglia proletaria è fascista ma, anche se intuiamo che questo è centrale nelle loro esistenze, non è mai chiaramente menzionato e sembra non essere importante nella trama del film. Ciò diventa particolarmente destabilizzante quando cominciamo a lasciarci coinvolgere da questa famiglia nonostante i loro detestabili valori. Tale tematica, che si inserisce nel contesto dell’insorgere dell’estrema destra in Italia, non è banale. In modo simile, le estreme disuguaglianze tra le due famiglie, pur non essenziali alla trama del film, formano una cornice strutturante a questa trama, che porta lo spettatore a riflettere.

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© DR

I Predatori, une comédie chaotique

I Predatori est une comédie italienne réalisée par Pietro Castellitto, sortie le 11 septembre 2020. C’est un film reconnu par la critique italienne. Il a été récompensé notamment par le Festival International du film de Venise de 2020, pour le prix du meilleur scénario. Le film a engrangé 200 000 euros de chiffres d’affaires en Italie depuis sa sortie.

Ce film raconte l’histoire de deux familles italiennes vivant de nos jours, l’une prolétaire et néofasciste et l’autre, bourgeoise et intellectuelle. Leurs vies s’entrecroisent lors d’un accident de voiture. Pierpaolo Pavone, médecin, sauve Ines, victime de cet accident. Le fils d’Ines, Claudio Vismara, contacte Pierpaolo afin de le remercier. Son fils entend cette conversation et comprend que Claudio pourrait lui vendre une bombe artisanale, dont il pourrait se servir pour se venger de son professeur d’université qui l’a abandonné. Pierpaolo voit dans cet homme une occasion de sortir de ses difficultés financières et accepte.

Si le cœur du film est la relation entre ces deux familles, la vie de ces deux familles fait aussi l’objet d’histoires secondaires. La narration du film est cependant faite d’une telle manière que l’histoire principale est parfois difficile à suivre, au milieu des nombreuses histoires secondaires.

S’il est une certitude concernant ce film, c’est qu’il ne peut pas laisser indifférent. En effet, il présente un certain nombre de caractéristiques relevant de choix très marqués et qui donnent à ce film sa personnalité et son charme unique, avec notamment une trame scénaristique ultra découpée et à la limite du compréhensible. Il s’inscrit dans une tradition du comique burlesque, à laquelle il intègre des dimensions très dramatiques. La mise en scène y est très originale, particulièrement théâtrale, et nous avons été charmés par son esthétique générale. La caméra n’est jamais là où on l’attend, et il est très plaisant de se laisser surprendre ainsi par son jeu. Le jeu des acteurs en particulier est extrêmement vivant, oscillant de touchant à totalement absurde, toujours à la frontière d’une folie que l’on sent à chaque instant prête à exploser (parfois concrètement).

Le film aborde sans les nommer plusieurs thématiques fondamentales de la société italienne, parfois de manières assez perturbantes. En effet, s’il est clairement montré par la scénographie que la famille prolétaire est fasciste, et si l’on comprend que ce fascisme est fondamental dans leur existence, il n’est jamais clairement évoqué, et semble n’avoir aucune importance dans la trame du film lui-même. Cela devient particulièrement perturbant lorsque l’on commence à sérieusement s’attacher aux membres de cette famille malgré notre connaissance de leurs valeurs détestables. Cette thématique, qui s’insère dans une actualité de résurgence de l’extrême droite en Italie, n’est certainement pas banale. Similairement, les inégalités extrêmes entre ces deux familles, si elles ne sont pas essentielles à l’intrigue du film, forment néanmoins un cadre structurant à cette intrigue, qui porte le spectateur à réflexion.

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